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Assurer une agriculture bio diversifiée et de haute qualité
TUNIS- L'intérêt du chef de l'Etat s'est, de nouveau, porté
sur le secteur agricole, notamment l'agriculture biologique, à laquelle
a été consacré le conseil ministériel tenu, mercredi, sous la
présidence du président Zine El Abidine Ben Ali.
La réunion du conseil ministériel a permis de passer en revue
l'évolution du secteur de l'agriculture biologique et d'examiner la
stratégie ordonnée par le chef de l'Etat en vue de promouvoir ce
secteur et de réaliser les objectifs tracés, en la matière, pour le
prochain quinquennat, particulièrement, celui de porter les superficies
consacrées à l'agriculture biologique à 500 mille hectares en 2014.
Les
nombreuses décisions émanant de ce conseil ne manqueront pas de
garantir les conditions idoines pour le développement de cette activité
agricole et réaliser l'ambition de la Tunisie d'améliorer son
positionnement international dans ce domaine, sachant qu'elle est le
2ème exportateur de produits bio en Afrique et le 24ème dans le monde.
Ces
mesures consistent essentiellement en l'augmentation du plafond de la
subvention annuelle consacrée au contrôle et à la certification en
faveur des producteurs membres des groupements de développement, des
coopératives et des groupements interprofessionnels, de 5 000 à 10 000
dinars par an et l'institution de ''la semaine du produit biologique
tunisien'', qui aura lieu chaque année.
Elle portent également
sur l'organisation de campagnes promotionnelles à l'intérieur et à
l'extérieur du pays, le renforcement de la participation aux foires
internationales et l'organisation de rencontres de partenariat pour
faire mieux connaître les produits biologiques tunisiens.
Il
s'agit aussi d'élaborer une étude pour la mise en place d'une stratégie
de promotion des produits biologiques sur les marchés intérieurs et
extérieurs ciblés, d'élaborer un programme de développement de
l'exploitation des produits biologiques dans le secteur touristique et
de constituer une commission nationale pour la programmation,
l'évaluation et le suivi des travaux de recherche relatifs à
l'agriculture biologique.
Autres décisions issues du CM du
mercredi, l'élargissement de l'expérience du réseau des écoles des
champs dans les principales zones de production, le développement du
Centre régional de recherche en horticulture et agriculture biologique
par la création en son sein d'un laboratoire national de recherche en
agriculture biologique, outre la création de cellules chargées des
produits biologiques au sein des groupements interprofessionnels des
fruits, des légumes, des viandes rouges et des produits laitiers.
Le Chef de l'Etat a insisté sur la nécessité de parachever la
concrétisation et le suivi de ces mesures, notamment, en ce qui
concerne les incitations et les encouragements, l'objectif étant de
promouvoir l'agriculture biologique.
Il a mis l'accent, à cette
fin, sur l'impératif de sensibiliser les parties concernées quant à
l'importance du produit agricole biologique sur les plans de la santé
et de l'environnement ainsi que de ses perspectives prometteuses en
matière d'exportation.
Les décisions présidentielles instituées
en faveur du secteur, et notamment celles relatives au doublement des
superficies consacrées à l'agriculture biologique, ne manqueront pas de
consolider les efforts déjà entrepris.
Au cours de l'année 2008,
les superficies consacrées aux cultures biologiques ont atteint 285
mille hectares, contre 34 mille hectares en 2003. 130 mille hectares
sont consacrées aux cultures, dont 115 mille hectares d'oliveraies,
6000 hectares d'arbres fruitiers, 6000 hectares de plantes médicinales
et aromatiques, 2000 hectares pour les grandes cultures, mille hectares
de palmiers, et mille hectares consacrées aux légumes. 155 mille
hectares sont consacrés aux pâturages et forets (140 mille hectares de
plantes médicinales et aromatiques).
Le nombre d'intervenants
dans le secteur a, pour sa part, augmenté pour passer de 660 en 2004, à
1800 en 2008. Courant la même année, la production a atteint 170 mille
tonnes, dont 22 mille tonnes produits par l'office des terres
domaniales, contre 30 mille tonnes en 2004.
Ces résultats ont
été réalisés grâce notamment à l'adoption de méthodes d'exploitation
non intensifs n'utilisant pas les insecticides avant l'année 2000. Les
secteurs concernés sont les oliveraies, les forets, les pâturages et
les dattiers qui sont passés du mode de production normal au mode de
production bio.
Un volume d'investissement estimé à 10 millions
dinars par an, consacré à ce secteur, depuis l'année 2004, a permis de
réaliser des exportations estimées à 64 millions de dinars en 2008,
contre 3,3 millions de dinars en 2003. l'huile d'olive biologique
occupe la première place (48 MD), suivie des dattes (12 MD), outre des
produits biologiques divers (4 MD) comme le figue de barbarie séché,
les conserves, les plantes aromatiques et les huiles essentielles.
La
Tunisie, inscrite depuis juin 2009 et jusqu'à juin 2012, au sein de la
liste des pays exportateurs de produits biologiques vers l'union
européenne, à oeuvré à mettre en place un cadre législatif et
institutionnel, outre des incitations et des encouragements visant à
consolider la productivité de ce secteur.
Le volet encadrement
et formation revêt une place de premier choix, notamment à travers la
mise en place de plusieurs structures spécialisée.
Il s'agit
notamment d'un réseau spécialisé dans l'agriculture bio opérant dans
tous les gouvernorats et l'introduction du secteur dans les programmes
d'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, outre le
suivi des différentes étapes de contrôle et de certification. Dans
l'objectif de garantir la qualité.
S'agissant de la coopération
internationale, la Tunisie a démarré depuis 2005, un projet de
coopération technique avec la FAO (Organisation de l'ONU pour
l'alimentation et l'agriculture). l'objectif de ce projet est de mettre
en place un plan de développement global et un plan d'action outre la
réalisation d'une étude pour le compte de l'agence de promotion de
l'industrie (API) sur le positionnement stratégique du secteur des
industries alimentaires biologiques.
Au delà des résultats
positifs enregistrés par le secteur de l'agriculture biologique au
niveau de la production et de l'exportation, grâce aux décisions
présidentielles instituées en son faveur, la Tunisie envisage de le
promouvoir davantage et d'en diversifier la production.
La
stratégie consacrée au secteur à l'horizon 2014 s'inscrit dans cette
optique. Elle prévoit de porter les superficies de cultures biologiques
à 500 000 hectares, atteindre 1% de production biologique de la
consommation locale des produits alimentaires et doubler la valeur des
exportations biologiques pour atteindre 120 millions de dinars.
Pour
ce faire, l'office des terres domaniales a entamé, d'ores et déjà, la
mise en œuvre d'un programme pilote d'intervention portant sur
l'exposition des produits bio sur les étalages des marchés, et ce à
partir de cette année.
Le plan d'action mis en place pour
concrétiser ladite stratégie est axé sur l'identification de programmes
régionaux visant l'extension des superficies consacrées aux cultures
bio selon les spécificités de chaque région.
Il est également
basé sur la mise en place d'un programme national favorisant la mise en
disponibilité de toutes les conditions de promotion de la production
bio, l'identification de régions modèles pour la production bio et
l'exploitation des terres domaniales pour le développement de cette
agriculture.
En matière de recherche et d'encadrement, les
efforts seront concentrés sur l'orientation de la recherche vers la
maîtrise des techniques de production, de conditionnement et de
transformation des produits bio, la consécration de 5% des
interventions de la recherche au secteur d'agriculture biologique, le
parachèvement des liasses techniques biologiques pour les diverses
régions de production et les créneaux porteurs, le renforcement de
l'encadrement et de l'assistance technique, la mise en place d'un
programme de formation appliquée spécifique à l'agriculture biologique
(ingénieur, technicien, conseillers et agriculteurs et la
généralisation de l'expérience des écoles des champs.
27 jan 2010 (TAP)
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