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Agriculture, pour une meilleure visibilité en 2009 !
A l’aube d’une année 2009 qui semble
devoir être difficile pour nombre de secteurs économiques , les
turbulences n’épargneraient, nullement et des degrés divers, un nombre
de secteurs vitaux qui procurent de emploi à des nombreux milliers de
Tunisiens. Ayant vécu une crise et une montée des prix de ses produits
en 2008, le secteur agricole, sécurisant le plus important nombre de
postes d’emploi en Tunisie, s’apprête à relever en 2009 un nombre de
défis.
Les enseignements que l’on peut tirer des difficultés endurées
par ce secteur en 2008, ont fait l’objet d’une étude qui a été
commanditée par l’Utap (l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la
Pêche) et qui a été présentée récemment. Y ont été analysées les
répercussions de la conjoncture économique sur la situation des
agriculteurs, conjoncture qui a entrainé un bouleversement dans les
tendances d'un certain nombre de variables économiques affectant
l'offre et la demande de maints produits agricoles. La réflexion s’est
focalisée principalement sur les quatre groupes de produits
habituellement considérés comme étant des produits stratégiques
faisant l'objet d'une intervention active de la part de la puissance
publique, à savoir les céréales, les produits de l'élevage (viande et
lait), la pomme de terre et la tomate.
Le secteur agricole diversifié, mais aussi flexible
Le
secteur agricole en Tunisie est caractérisé par une diversité des
agriculteurs, des situations, des spéculations et de problèmes auxquels
les exploitants et leur organisation peuvent être confrontés. C’est ce
qui conduit à poser la question d'arbitrage entre ces différents
opérateurs, ceux qui sont capables de générer des foyers de croissance
et ainsi consolider la fonction économique du secteur et ceux qui ont
besoin d'être soutenus en vue de se maintenir dans le secteur. Le
principal enseignement a caractère général à retenir de cette étude est
que la gestion du secteur agricole, et en particulier la perception de
l'intérêt des agriculteurs, a besoin d'évoluer d'une conception
d'opérateurs ayant nécessairement besoin d'un soutien public pour
rentabiliser leurs activités à des opérateurs entrepreneurs qui
pourraient et devraient fonctionner autrement. Les enseignements
spécifiques tirés de l'étude diffèrent selon que l'on examine les
conséquences de la conjoncture économique actuelle du point de vue des
agriculteurs ou bien de celui de l'organisation qui les représente.
Le
premier enseignement que les agriculteurs devraient tirer de la
conjoncture qui a perduré quelques mois tout au long de 2008, est
qu'ils sont désormais, et de plus en plus, exposés aux règles et aux
aléas du marché international, conséquemment à l'option d'ouverture
des frontières économiques du marché national. Ce risque doit être
certes perçu en termes de concurrence accrue avec les producteurs
mondiaux de denrées alimentaires et donc en termes de nouveaux défis.
Il est aussi à comprendre en termes d'opportunités à saisir pour tous
ceux d'entre eux qui sont capables de mettre sur le marché des produits
à des coûts compétitifs. Les enseignements précis varient cependant
selon qu'il s'agit d'agriculteurs principalement céréaliers, d'éleveurs
ou de maraîchers (producteurs de pomme de terre ou tomate).
Une réaction positive attendue de la part des céréaliers : répondre et profiter de la conjoncture !
Pour les céréaliers, la révision des prix
à la hausse intervenue au cours de la campagne agricole 2007/08 était
non seulement nécessaire mais amplement attendue pour remédier à la
détérioration du revenu des agriculteurs et ainsi contribuer à son
redressement, ce qui est de nature à réhabiliter le caractère
économique de l'activité céréalière. La nouvelle structure des prix
internationaux remet par conséquent en question, et en particulier
révise à la baisse, les estimations antérieures de désavantage
comparatif du pays en matière de production céréalière. L'envolée des
prix internationaux des céréales durant l’été 2008, pourrait même
offrir des opportunités d'exportation, dans les cas de produits pour
lesquels les prix internationaux se sont maintenus à des niveaux
nettement supérieurs aux prix intérieurs correspondants, ce qui est le
cas du blé dur et dans une certaine mesure celui de l'orge . La
nouvelle situation de prix pourrait avoir des retombées positives sur
la production céréalière, notamment de la part des petits et moyens
agriculteurs qui sont d’ordinaire faiblement utilisateurs de facteurs
de production permettant son intensification. Suite aux nouvelles
incitations accordées aux céréaliers, une réaction significative en
termes de production additionnelle de leur part devrait être attendue.
Une préoccupation de taille des céréaliers devrait être, non pas
uniquement les nouvelles perturbations de la conjoncture économique
actuelle, mais plutôt les fortes fluctuations de rendements de
cultures qui continuent à affecter la céréaliculture nationale, à
propos de laquelle les agriculteurs eux-mêmes, leur organisation ainsi
que la politique nationale en matière de recherche agronomique
devraient pouvoir intervenir.
Perspectives plus sombres pour les éleveurs, mais une marge d’exploitation existe
A
l'inverse des céréaliers, les éleveurs se trouvent des plus
négativement affectés par la conjoncture internationale matérialisée
par l'augmentation des coûts des matières premières utilisées dans
l'alimentation du bétail, sans qu'il y ait redressement significatif
des prix de produits à la production. Par conséquent, les marges
bénéficiaires des éleveurs se trouvent d'une manière générale
comprimées. En effet, les augmentations conjoncturelles du prix de
l'orge, et des autres ingrédients rentrant dans la composition des
aliments de bétail, ont augmenté d'une manière spectaculaire, ce qui
n'est pas sans conséquences sur le revenu des éleveurs. Par ailleurs,
les prix à l'importation des produits d'élevage ayant presque toujours
été en deçà des prix nationaux, les possibilités d'expansion des
activités du secteur par le biais des incitations de prix se trouvent
limitées. La Tunisie est un pays faiblement déficitaire en produits
animaux,( de l'ordre de 1% et 2%), aussi bien pour la viande que pour
le lait, et au vu des niveaux importants de consommation par tête
d’habitant (24 Kg de viande et 100 litres de lait, par an), le secteur
ne devrait pas constituer une préoccupation majeure pour les pouvoirs
publics, ou du moins pas dans les mêmes proportions que la production
céréalière, si les contraintes à l'investissement dans le capital
productif du secteur pouvaient être atténuées. Les économies possibles
pour les éleveurs devraient se situer au niveau d'une meilleure
insertion des ressources fourragères dans leurs plans d'assolement,
d'un meilleur ajustement de leurs stocks de bétail en fonction de leurs
possibilités réelles d'alimentation, ainsi que d'une mise à profit des
incitations publiques portant sur la production locale de génisses pour
augmenter et rajeunir le potentiel productif.
SOurce : Africainmanager
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